Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le progrès en questions

progres.jpg"J'ai appris que la voie du progrès n'était ni rapide ni facile" écrivait Marie Curie. Huit personnes se sont réunies les 19 et 26 mai 2020 pour deux débats non décisionnels autour de cette question du progrès.

 Plusieurs axes ont pu être explorés, à savoir :

  • La question du progrès est-elle intrinsèquement liée au bonheur ?

Sur ce sujet, il est difficile de faire émerger un consensus car la notion de progrès individuel ou collectif a beaucoup été mise en question. Le progrès n’a pas que des effets positifs. On peut citer le témoignage de Nuto Revelli, dans « Le monde des vaincus » (1980). Il y décrit la manière dont le « progrès » entraîne dans le Piémont la disparation de la société paysanne et de ses valeurs. Progrès ne veut en aucun dire bonheur.

  • Comment mesurer le progrès ?

Il y a une sorte de paradoxe si l’on souhaite mesurer le progrès. A titre d’exemple, l’éducation forme mais elle « déforme » également, par exemple dans le cas des régimes totalitaires. Attention, ceci ne veut pas dire que l’éducation et la formation ne sont pas des fondamentaux du progrès.

  • Une remarque de nature anthropologique met en lumière les limites d’une réflexion uniquement centrée sur le progrès.

Il est risqué de comparer des époques et des sociétés, comme s’il existait un ordre de l’histoire humaine avec des sociétés qui seraient plus avancées et d’autres qui n’auraient pas évoluées. On peut, certes, ressentir le besoin de confronter les époques avec des indicateurs matériels bien qu’il soit absurde de les comparer car les époques sont autonomes. On peut cependant se demander si l’homme a fondamentalement changé depuis l’antiquité.

  • Les liens entre la crise et le progrès ?

Un certain consensus se dégage sur la suggestion d’une participante fine connaisseuse de la culture chinoise. En effet, opportunité et crise en chinois constituent un seul et même mot ! Nous avons, par conséquent, besoin des crises pour avancer, comme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Dans la philosophie chinoise, les 2 extrêmes co-existent et s’équilibrent. Dans l’ouvrage « Du ciel à la Terre » (2014), Régis Debray et Zhao Tingyang se sont écrit des lettres sur ce thème.

Pour qu’il y a du progrès, il faut qu’il y ait des crises pour susciter le mouvement et ainsi atteindre différents états d’équilibres.

  • Progrès et question de genre ?

Une participante, née dans l’après-guerre, nous rappelle qu’elle a connu un contexte où « tout » était possible grâce au progrès (voyages, progrès de la reproduction…). Toutefois, on observe que de plus en plus de situations deviennent absurdes car non contrôlées ou totalement déshumanisés (enfants nés de GPA abandonnés). La question de la contraception est un progrès utile ; les hommes acceptent que les femmes contrôlent la reproduction. Toutefois, ce débat est trop souvent passionnel et clivant, notamment lorsque des décideurs politiques, certaines institutions ou une partie de la population s’y opposent.

 

  • Le progrès et les inégalités.

Certes, il existe des situations « intolérables » mais il faut avoir à l’esprit que de nombreux pays n’ont pas eu la « croissance ». La croissance démographique dans les PED pose un problème redoutable. Si l’on ne veut pas accroître les inégalités, ne serait-il pas judicieux, voire indispensable d’apporter une aide pour l’accueil des nouvelles populations.

A cela s’ajoute la question de la manière de déterminer la direction du progrès, si elle existe. Il s’agit d’une difficulté pour la démocratie. Celle-ci est d’autant plus d’actualité dans le contexte des prochaines présidentielles où la question de l’autoritarisme pourrait prendre plus de place dans les débats.

Deux conclusions (non décisionnelles) :

  • Il est nécessaire de bien identifier les objectifs du progrès (pour qui ? pourquoi faire ?) avant de dire que l’on voit le progrès d’une certaine manière. Le progrès est un mouvement. Sans cela, nous pourrions tomber dans une posture qui favorise la domination occidentale et une vision
  • En somme, la question du progrès nécessite des En effet, on observe que nous sommes passés d’une époque de l’après-guerre où l’on faisait l’éloge de toutes les libertés à une époque où l’écologie nous impose des limites.

Statue of Progress by (Sir) Thomas Brock. Victoria Memorial, London..jpg

Statue du Progrès, par sir Thomas Brock, Victoria memorial, Londres. 

 

Les commentaires sont fermés.