Le 8 mai 2020, une dizaine de personnes ont pris part à un débat non décisionnel au moyen de Zoom sur la stratégie de lutte contre l’actuelle épidémie, celle qu’on désigne habituellement par le nom de la maladie qu’elle peut entraîner (COVID-19) plutôt que par celui du virus qui la provoque (Sars-CoV-2).
Et c’est pourtant sur la lutte contre la diffusion du virus qu’est centrée l’actuelle politique nationale : « Est-ce vraiment légitime ? » s’est-on demandé.
Si un confinement s’imposait au départ pour éviter la submersion des hôpitaux, personne n’a contesté l’importance du déconfinement à venir. Sa progressivité devrait permettre d’évaluer la lourdeur des risques qui lui sont de facto associés. Pourront ainsi être mieux évalués d’une part les apports des tests et d’autre part l’efficacité du respect des gestes-barrière. À partir de là, un déconfinement plus intense pourrait devenir parfaitement légitime, or il est urgent d’y parvenir compte tenu de la situation économique et sociale du pays et notamment de l’aggravation consécutive des inégalités. Une telle accélération du déconfinement pourrait à l’évidence s’imposer rapidement à l’école.
On a beaucoup insisté sur la liberté individuelle des choix, tout en soulignant que cette liberté était indissociable de la prise de conscience des conséquences de ces choix sur la collectivité et tout particulièrement, en l’occurrence, sur l’ensemble des personnels soignants. Une responsabilité du même ordre devrait être recommandée au sujet des rencontres entre personnes vulnérables et non vulnérables. Changer de discours sur l’épidémie en parlant de la lutte contre la maladie plutôt que contre le virus pourrait sans doute contribuer à cette prise de responsabilités.