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Peut-on distinguer l’homme de l’artiste et de son oeuvre ?

matzneff.jpgLe 9 mai 2020, six personnes ont pris part un débat non décisionnel sur le thème de la possibilité, ou non, de distinguer l’homme de l’artiste et de son oeuvre. Si ce sujet a récemment pris une ampleur médiatique important avec la polémique autour de Roman Polanski ou de Gabriel Matzneff, les participants ont commencé par élargir la problématique en identifiant différents cas, aux caractéristiques diverses, qui les interpelaient particulièrement un plan individuel : Louis Ferdinand Céline, Richard Wagner, Paul Verlaine, autant d’exemples d’individus peu recommandables mais auteurs d’œuvres majeures. Ce qui a conduit à reformuler la question de manière en « Faut-il/peut-on distinguer l’homme de l’œuvre ? ».

Un certain consensus s’est dégagé sur le fait que la décision d’aller voir / lire / écouter telle œuvre de tel artiste appartient fondamentalement à l’éthique individuelle de chacun et n’a pas vocation à conduire à une quelconque censure de l’œuvre dès lors que celle-ci est conforme au droit. Or, le droit invite justement à éviter deux écueils : la non-présomption d’innocence, a fortiori dans une société où la rumeur est puissante notamment sur les réseaux sociaux, et la double peine.

Une distinction a également été faite sur la typologie des faits dont l’homme est accusé : la question ne s’appréhende pas nécessairement de la même manière entre des scandales sexuels pour lesquels l’objectivation des faits, souvent entre deux individus, peut s’avérer délicate, et des crimes collectifs ou incitations à la haine clairs et objectifs.

Sur les critères / éléments de contexte importants, celui de l’époque / de l’ancienneté a été particulièrement mis en avant : pour la plupart des participants, le fait que l’artiste considéré soit mort ou vivant et que les actes mis en cause soient contemporains ou très anciens, pèse sur leur positionnement individuel de chacun sur tel ou tel cas, sans qu’une règle générale ou un curseur absolu puisse être placé.

Beaucoup ont relevé que l’opinion publique et le contexte sociétal jouaient un rôle, y compris dans la perception individuelle : même au sein de l’époque contemporaine, l’évolution importante des mœurs a modifié considérablement la perception collective des choses : en particulier, le rapport à la sexualité, aux liens entre plus jeunes et plus âgés, aux relations hommes/ femmes a beaucoup évolué y compris par rapport à la fin des années 60, ou même aux années 90 et 2000.

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